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Comment tout a commencé ...

     

Dès 1985, à l'occasion de la remise du prix culturel de la ville de Coblence, le Professeur Peter Ludwig exposait sa vision d'un musée d'art contemporain tout près du « Deutsches Eck », entre monument impérial et église Saint-Castor. Puis, en 1988, est organisée à la maison Metternich l'exposition « L'art aujourd'hui en France », qui présente pour la première fois au public des facettes de l'art français récent issu de la collection Ludwig. Peu après, la ville fait l'acquisition de l'ancienne demeure de l'ordre des chevaliers teutons (« Deutschherrenhaus »), qui a donné son nom au « Deutsches Eck ». Cet achat ainsi que la restauration de l'édifice, remontant au XIIIe siècle, sont alors financés par le Land Rhin-Palatinat.

Le Ludwig Museum, inauguré en 1992 avec l'exposition « Atelier de France », est dédié à l'art contemporain et en particulier à l'art contemporain français. Le noyau de la collection permanente est surtout constitué par l'art français et allemand postérieur à 1945, donné ou prêté par le célèbre couple Peter et Irene Ludwig, à partir de leur collection rassemblée à Aix-la-Chapelle. Au fil des ans, la collection d'art français, aux côtés de Pablo Picasso ou de Jean Dubuffet mais aussi de grands noms de l'art nord-américain contemporain (Jasper Johns, Willem de Kooning, Robert Rauschenberg) et d'artistes allemands (K.O. Götz), put être sans cesse élargie.

Parmi les points forts de la collection, on trouvera les ouvres de cette génération d'artistes qui se fait connaître au public vers 1960 et qui se réunit en groupes tels que les « Nouveaux Réalistes » (Arman, César, Tinguely, Martial Raysse) ou « Fluxus » (Vautier, Vostel). A cela s'ajoutent des artistes qui développent une variante française du Pop Art, comme Alain Jacquet ou le peintre d'origine islandaise Erró.

Des ouvres de Claude Viallat et de Louis Cane offrent un aperçu de l'art abstrait pratiqué au sein du groupe « Support-Surface », fondé en 1969. Peter Klasen et Jan Voss sont, quant à eux, deux figures importantes parmi les peintres allemands travaillant en France. La « Figuration libre », apparue en 1980 et version fran çaise des Néo Fauves, est présente à travers les ouvres de Jean-Charles Blais, Hervé di Rosa et Robert Combas.

Outre ses salles d'exposition réparties sur quatre étages, le Ludwig Museum dispose également du « Blumenhof » (« cour des fleurs ») adjacent, particulièrement adéquat pour des travaux imposants en trois dimensions. On y trouvera de manière permanente le « Pouce » de César ainsi que l'installation « Dépôt de mémoire et d'oubli » d'Anne et Patrick Poirier, spécialement créée pour ce lieu lors de la création du musée. Directement dans l'axe du monument impérial et d'un Guillaume Ier se détournant de la France, ce « mémorial » constitue un pendant contemporain et jette un pont, par sa forme antiquisante, entre le passé et le présent.

En se consacrant tout particulièrement à l'art français d'aujourd'hui, le Ludwig Museum comble une grande lacune dans le paysage muséal allemand et joue à sa manière le rôle de passeur, ce qui ne peut être qu'appréciable pour les jeunes artistes, et pas seulement en France.

     
 
 
César, "Le pouce", 1963