Inauguration
Dimanche le 29 mars, 11 heures
Accueil
Detlef Knopp
Adjoint municipal chargé de la culture pour la ville de Coblence
Introduction
Dr. Beate Reifenscheid
Directrice du musée
Musique
Zacharias et Andreas Zschenderlein, Coblence/Mannheim
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Translation of Time XVI (Giotto) 2008
190 x 200 cm par toile
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Evguéni Dybsky est peintre. Né en Roumanie en 1955, issu d’une famille juive russe, il grandit à Moscou où il fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts, puis à l’Institut de l’Art Surikow. En 1988, lors de son premier voyage en Italie, il découvre à Padoue les fresques que Giotto di Bondone exécuta au début du 14ème siècle à la Cappella degli Scrovegni all’ Arena, connu également sous le nom de l’Eglise de l’Arena ou Chapelle des Scrovegni. Depuis 1990, Evguéni Dybsky vit en Allemagne et en Italie. A partir de 1996, il travaille non seulement à Cologne et Milan mais également de nouveau à Moscou. Depuis peu, il a quitté Cologne pour s’installer à Berlin.
Pendant les années 80, Dybsky compte à Moscou parmi les peintres les plus importants – à une époque où l’art non officiel cherche à se démarquer des tendances officielles du traditionalisme et du réalisme socialiste: dans un processus d’émancipation, il se consacre à la peinture de paysages en traitant le sujet dans un sens à la fois direct et métaphorique. La répartition de ses compositions en grandes surfaces colorées l’amène à la simplification du motif et de la raison première du tableau en éléments de base et de là à l’abstraction.
Depuis cette période, il ne se contente plus d’utiliser la peinture à l’huile sur toile ou panneau de fibres dures, mais il inclut la peinture acrylique, la détrempe, la pâte à modeler, la peinture à l’eau voire même du plâtre, des fibres synthétiques et des cheveux.
A partir de 1992, Dybsky intègre ses oeuvres dans une série qu’il poursuit encore aujourd’hui, intitulée Translation of Time et numérotée de manière suivie en chiffres romains. La traduction du temps, tel est le nom du concept global qu’il attribue à ses séries d’oeuvres, dans un écart phonétique et syntaxique. Mais à proprement parler, l’art de Dybsky ne peut pas être conçu comme traduction du temps formant une quatrième dimension s’ajoutant à la troisième dimension qui est l’espace. Au contraire, pour Dybsky, il s’agit d’une métaphore issue à l’origine de son intuition qui est brusquement devenue réalité. De la même manière que les matières enrichies par la technique du collage dépassaient auparavant les limites du tableau s’emparant de l’espace autour, un nouvel aspect s’est imposé dans sa peinture :
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| Giotto, Lamentation
Cappella degli Scrovegni all’Arena à Padoue
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| Giotto, Adoration des Rois mages |
Les peintures, dessins et aquarelles issues de cette confrontation avec les fresques de Giotto di Bondone dans la Chapelle des Scrovegni à Padoue font également partie de cette série d’œuvres Translation of Time. Pour la première fois, le Ludwig Museum présente ce nouveau cycle portant désormais le chiffre XVI et dont les tableaux sont rigoureusement classés en chiffres arabes.
Qu’est-ce qui a incité Dybsky à oser se confronter aux fresques de Giotto à Padoue ? Déjà au cours de ses études, Dybsky est un grand amateur de Giotto. Il est en possession de l’excellente réimpression hongroise de l’original italien publié chez l’éditeur Rizzoli. C’est en 1988 qu’il voit les fresques pour la première fois et depuis, il voyage régulièrement dans cette ville, souvent en y faisant escale sur la route de Venise, usant même de toute sa force de persuasion pour faire sortir ses amis du train, dans le désir de retrouver la chapelle. Lors de son dernier séjour à Padoue en 2005, il souhaite étudier le résultat de la restauration qui vient de se terminer – mais il était terriblement déçu:
« On n’a vraiment [plus, annotation de l’auteur] le droit d’employer le mot « originaux » pour tout ce que j’ai vu: les restaurateurs ont dégradé le souffle du temps et la magie des fresques... Un proverbe russe me revenait à l’esprit : « De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas ». Non seulement la chapelle est devenue une attraction touristique pour laquelle « il faut subir » un petit film didactique dans une file d’attente avant la visite même, mais de plus, on ne vous accorde qu’à peine 30 minutes pour regarder les « originaux ». »
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Translation of Time XVI (Giotto) 2008
190 x 200 cm par toile
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Cet événement provoqua chez lui le désir de « repeindre » les fresques à sa manière et, en se nourrissant de ses multiples années passées en Italie et de ses nombreuses visites de la chapelle depuis 20 ans, il nouait « un dialogue direct avec Giotto - il mio Maestro preferito ».
« Je commençais à confronter mes structures de peinture à des fragments de fresques. Cette monographie sur Giotto, je la possède toujours. C’est ainsi que s’est formée la petite série d’études d’après les fragments de Giotto. Depuis peu, j’ai l’idée de rétablir – pour ainsi dire – les œuvres de la chapelle. Je tenais justement à rétablir ce que j’aimais tellement dans ces fresques. Je me suis mis à sublimer « mon Giotto de Padoue » sur des toiles préparées dans la taille de l’original. … Je ne sais pas si je peux ou veux rétablir toutes les fresques de la chapelle : Cela dépendra de l’éventualité de pouvoir découvrir quelque chose de nouveau pour moi-même dans ce « rétablissement » de l’amour…»
Giotto di Bondone est considéré comme le précurseur déterminant de la Renaissance italienne. Il a vécu entre 1266 et 1337. A Florence, il dirigea un atelier florissant et devint en 1334 le maître d’ouvrage pour la construction de la cathédrale de Florence, mais il décéda avant l’achèvement du campanile qui porte son nom. Giotto fut l’ami des deux plus grands écrivains du 14ème siècle, Boccace et Dante Alighieri. C’est ainsi que son nom apparaît dans leurs oeuvres, le Décamérone et la Divine Comédie.
Le chef d’oeuvre de Giotto est le cycle de fresques qui se trouve dans la Chapelle degli Scrovegni all’Arena à Padoue. Il comporte une centaine de scènes de la vie de la Vierge et de Jésus et plus particulièrement de nombreuses scènes de la Passion du Christ peintes entre 1304 et 1306. Le mérite de Giotto réside dans le fait d’avoir doté ses personnages d’un très grand naturel et d’une vivacité, de les intégrer dans des éléments architecturaux qui rappellent des décors mobiles et d’avoir utilisé pour la première fois la couleur bleue à grande échelle. C’est ainsi que Giotto a dépassé les normes de la peinture byzantine et préparé la perspective monofocale centrée avec un grand réalisme dans la transcription des volumes et des gestes de ses personnages. Le lapis-lazuli broyé que Giotto employait pour son cycle de fresques fut importé de "l’au-delà de la mer" ce qui explique son prix élevé. A Padoue, il rend une expressivité inégalable aux parties du ciel.
Déjà Hegel écrivait : "Ce fut Giotto qui s’orienta vers le présent et le réel... le profane gagne en place et en ampleur..." Et dans sa réflexion sur Giotto - il mio Maestro preferito, Evguéni Dybski crée le lien dans son cycle actuel avec ses peintures de paysage plus anciennes, tout en retrouvant un aspect figuratif...
A l’occasion de l’exposition, un catalogue sera publié aux Editions Kettler:
Evguéni Dybsky. Le projet Giotto – work in progress, 56 pages, 15 euros.
Avec des contributions d’Evguéni Dybsky, Christiane Morsbach, Beate Reifenscheid.
Horaires :
Mardi à samedi de 10h30 à 17h
Dimanche et jours fériés de 11h à 18h
NOUS RESTONS OUVERTS LE LUNDI DE PAQUES !
Entrée de l’exposition :
Adultes : 4 €, tarif réduit : 2 €
Exonéré pour les moins de 18 ans.
Parallèlement à l’exposition, nous proposons
une offre de rendez-vous pédagogiques et créatifs passionnants
spécialement conçus pour vous !
Par exemple :
GIOTTISSIMO! – DE PADOUE A BERLIN !
Qui était Giotto di Bondone ? (première partie)
Et pourquoi Evguéni Dybsky veut-il « repeindre » ses fresques ? (deuxième partie)
Mercredi 22 et 29 avril, de 18h à 19h30
Le restaurant et café Blumenhof vous accueille par la suite autour d’une tasse de cappuccino
Animation : Rolf Ohly et Christiane Morsbach
Participation : 4 € par soirée
éservation possible à l’unité
Chasse à l’ennui pendant les vacances de Pâques !
mercredi 8 avril 2009
Atelier I pour enfants à partir de 6 ans, 10h30 à 15h jeudi 16 avril 2009
Atelier II pour enfants à partir de 8 ans, 10h30 à 15h
Avec tous les petits amateurs d’art, pars sur les traces des artistes Paul Schwer et Evguéni Dybsky et découvre leurs oeuvres complètement différents ! Ensuite, vous construisez des bâtons de pluie, des caléïdoscopes, des boules de néon rigolos, des navettes spatiales mystérieuses ou vous créez des fresques modernes dans le style d’Evguéni Dybsky ...
Participation : 12 € par atelier, matériel fourni, pause survéillée à midi. À partir de 6 ans.
Réservations en cours !
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